Union Européenne / Inde : Signature d’un accord de libre-échange

Union Européenne / Inde : Signature d’un accord de libre-échange

Point au 19 février 2026

 

La visite officielle en Inde du Président Emmanuel Macron, du 17 au 19 février 2026, afin de renforcer le partenariat stratégique bilatéral entre la France et l’Inde, en marge de l’India AI Impact Summit, est l’occasion de faire un point sur la signature de l’accord de libre-échange UE/Inde intervenue fin janvier.

En bref :

Le 27 janvier 2026, soit dix jours après la signature du traité avec les pays du Mercosur, l'Union européenne et l'Inde ont signé un accord commercial, à New Delhi.

C’est à l’occasion du 16ᵉ sommet UE–Inde, organisé à New Delhi, auquel ont participé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, invités d’honneur du Republic Day (Fête nationale indienne du 26 janvier) par le Premier ministre indien Narendra Modi, que ce traité de libre-échange a été signé.

L’accord comporte deux volets principaux :

  • Un accord commercial destiné à ouvrir davantage le marché indien aux produits européens et à intensifier les échanges économiques.
  • Un partenariat de défense et de sécurité visant à traiter les menaces pesant sur la région indo-pacifique.

 Dimension économique et commerciale de l’accord

 L’UE et l’Inde représentent ensemble environ un quart de la population mondiale et un quart du PIB mondial. Les échanges économiques sont déjà significatifs, mais demeurent en deçà de leur potentiel :

  • En 2024, le commerce bilatéral de biens s’élève à 120 milliards d’euros, en hausse de près de 90 % sur dix ans.
  • Les échanges de services atteignent 60 milliards d’euros.
  • L’Inde ne représente toutefois que 2,5 % du commerce de marchandises de l’UE, contre 15 % pour la Chine, ce qui est présenté comme un « énorme potentiel à exploiter ».

Focus sur l’Inde :

L’Inde est en phase d’ascension économique rapide : elle devrait devenir la quatrième économie mondiale dès cette année et dépasser l’Allemagne pour devenir la troisième d’ici 2030. L’accord s’inscrit donc dans une stratégie de positionnement anticipé de l’UE sur un marché en forte croissance.

 A travers ce traité, l’objectif de l’Inde est :

  • D’attirer davantage d’investissements étrangers,
  • de moderniser son appareil productif et,
  • de se positionner comme une alternative crédible aux grands pôles industriels asiatiques.

Focus sur l’UE :

Ursula von der Leyen indique que l’UE va bénéficier, dans le cadre de ce traité, du « niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial sur le marché indien traditionnellement protégé ». L’objectif est notamment :

  • d’améliorer l’accès des produits européens au marché indien ;
  • de contribuer à résorber le déficit commercial de l’UE vis-à-vis de l’Inde, qui s’est creusé depuis 2022 pour atteindre 20 milliards d’euros, en grande partie du fait des importations de produits pétroliers raffinés indiens issus de pétrole russe.

L’accord est également présenté par la présidente de la Commission comme un instrument de démonstration de l’attractivité persistante de l’UE, en réponse aux discours de Donald Trump remettant en cause cette attractivité.

Contrairement à l’accord UE–Mercosur, signé le 17 janvier 2026, qui a suscité de fortes oppositions politiques en Europe, notamment en raison de ses implications pour les filières agricoles sensibles, l’accord avec l’Inde est décrit comme politiquement moins problématique sur ce terrain puisque l’agriculture est largement exclue de l’Accord.

Exemples de secteurs français avantagés par cet Accord :

À titre d’exemple, à l’occasion de la présentation du bilan 2025 des vins et spiritueux français à l’export, Gabriel Picard, président de la Fédération des Exportateurs de Vins et de Spiritueux (FEVS), a souligné que l’Inde pourrait représenter, à horizon d’au moins dix ans, un nouveau relais de croissance pour la filière.

Prochaines étapes :

Du côté de l'UE, les textes feront l'objet d'une révision juridique et d'une traduction dans toutes les langues officielles de l'UE.

La Commission présentera ensuite sa proposition au Conseil en vue de la signature et de la conclusion de l'accord.

Une fois signé par le Conseil, l'UE et l'Inde pourront signer l’accord de libre-échange.

Après la signature, l'accord nécessitera l'approbation du Parlement européen et la décision du Conseil relative à sa conclusion pour entrer en vigueur.

L'accord de libre-échange entrera en vigueur une fois que l’Inde et l’UE auront ratifié l’accord.

Pour mémoire : 

 L’accord UE-Inde est qualifié de « zone de libre‑échange » couvrant environ 2 milliards de personnes et 25% du PIB mondial[1]. 

Pour aller plus loin :

  • L’UE et l’Inde concluent un accord de libre-échange historique (27/01/26)

https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_26_184

  • L'Union européenne et l'Inde officialisent la signature d'un accord de libre-échange (27/01/26)

https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/l-union-europeenne-et-l-inde-officialisent-la-signature-d-un-accord-de-libre-echange/

  • L'accord Inde-UE vient compléter la longue liste des traités de libre-échange signés par Ursula von der Leyen (28/01/2026)

https://www.lesechos.fr/monde/europe/laccord-inde-ue-vient-completer-la-longue-liste-des-traites-de-libre-echange-signes-par-ursula-von-der-leyen-2212228

  • Accord UE- Inde : quels secteurs français seront les plus avantagés ? (28/01/26)

https://bigmedia.bpifrance.fr/nos-actualites/accord-ue-inde-quels-secteurs-francais-seront-les-plus-avantages

[1] https://www.lyon-metropole.cci.fr/actualite/accord-ue-inde-impacts-pour-entreprises-et-secteurs#:~:text=Le%2027%20janvier%2C%20%C3%A0%20New,%2C%2025%20%25%20du%20PIB%20mondial

Un article rédigé par Cristelle ALBARIC  du département International